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Qu’est-ce que la divination ?

Définition de la divination et tour d'horizon des pratiques divinatoires dans les grandes aires culturelles et géographiques.

La divination est l’art de rendre visible et connaissable les choses cachées ou non advenues, et de porter à la conscience ce qui ne lui est d’ordinaire pas accessible. Elle a trait à la prédiction de l’avenir, dont aujourd’hui elle constitue la pratique la plus courante.

Etymologiquement, elle a trait au divin : le mot divination est ainsi issu du verbe latin « divinare », qui a plusieurs acceptions : prophétiser, tout d’abord et avant tout, indiquer la volonté des divinités, ensuite, et révéler ce qui est dissimulé ou tu.

Sa pratique est immémoriale et elle revêt de très nombreuses formes, a recours à des techniques variées, certaines sophistiquées et portées à un haut niveau de codification et d’apprentissage, d’autres plus élémentaires et reposant sur un individu qui sert de réceptacle et se contente de transmettre le message dont il est le récipiendaire.

On appelle voyant, médium ou devin la personne qui s’adonne aux arts divinatoires ou dont la parole est oraculaire.

cartes divinatoires et bougies

Définition de la divination

Au sens large, relève de la divination tout ce qui a trait à la connaissance du futur ou à la découverte des choses cachées (matérielles ou immatérielles) ; tout ce qui concerne la recherche de l’assentiment ou du désaccord des dieux ; tout ce qui nécessite une révélation issue d’une manifestation divine explicite ou devant être interprétée. C’est la définition la plus extensive.

De nos jours cependant, tout du moins dans la culture occidentale moderne, les bons ou mauvais présages ne subsistent plus que sous la forme de superstitions transmises oralement par la tradition populaire mais ne sont pas activement recherchés. Au sein d’une activité dont l’ésotérisme s’est professionnalisé et a été séparé de l’Etat, c’est surtout la voyance proprement dite et la communication avec l’au-delà qui intéresse le plus lors des consultations.

Une définition beaucoup plus restreinte de la divination est donc aujourd'hui communément admise : elle recouvre à la fois l’activité du médium qui fait figure d’intermédiaire et délivre une parole (celle d’un défunt par exemple), et celle du voyant capable de réaliser une précognition, laquelle se matérialise par l’interprétation de signes obtenus à l’aide de différentes techniques : interprétation des tarots, lecture des astres, des cristaux, du marc de café, etc.

On distingue donc deux grands manières : la première, naturelle, innée et intuitive, suppose que le devin soit seulement l’intermédiaire entre la divinité et la révélation. Celle-ci délivre le contenu de son message à travers lui, pendant son sommeil (par l’intermédiaire d’un rêve), ou pendant l’état de veille (lors d’une transe, d’une écriture automatique). On parle donc de divination intuitive ou inspirée (par les dieux).

La seconde, artificielle, interprétative, déductive et acquise, nécessite d’interroger un support et de respecter des techniques ou des rituels : c’est le cas du cartomancien, de l’astrologue, des augures, qui vont décoder le réel et lire l’avenir ou le message au travers d’un ensemble de signes qu’ils ont appris à recueillir et à interpréter.

Soubassements théoriques

La divination repose sur plusieurs idées et théories sous-jacentes :

  • La réalité à laquelle nos sens et notre intelligence nous donne accès n’est qu’une partie du monde visible.
  • Le corollaire immédiat est que la partie invisible est accessible à une frange réduite de la population humaine : soit parce que celle-ci a été initiée rituellement et est capable d’une autre lecture du monde, soit parce qu’elle a été choisie par la divinité.
  • Il existerait ainsi des êtres ou des entités supérieures, et qui, quelle que soit leur véritable nature – certains soutenant qu’elle est divine – ont partie liée avec les affaires et les destinées humaines, tout du moins s’y intéressent, et tentent de leur donner une orientation.
  • Les choses cachées ou les événements relevant de l’avenir peuvent nous être révélés, soit que l’on sache accéder à leur connaissance, soit que le sujet reçoive celle-ci et qu’elle s’impose à lui.

Universalité du recours à la divination, pluralité des pratiques

Si les arts divinatoires diffèrent d’une région du monde à une autre, le recours à la divination est quant à lui universel, et, ce qu’elle que soit l’aire culturelle ou géographique.

Présages et prédictions dans la civilisation gréco-latine

L’Antiquité grecque et romaine (soit depuis le 8ème siècle avant J.-C.), culturellement et géographiquement les plus proches de nous, avaient recours à une grande variété de procédés destinés à la connaissance du futur ou à celle de la faveur ou de la défaveur divine. Ainsi les haruspices lisaient celui-ci dans les viscères d’animaux sacrifiés rituellement. Les augures quant à eux se contentaient d’interpréter le vol ou le comportement des oiseaux, la forme de la foudre quand elle s’abat sur Terre, ou d’autres phénomènes naturels dont il était convenu qu’ils étaient l’expression du Jupiter romain (ou avant cela de son équivalent grec, Zeus).

Ces techniques étaient déjà familières de la civilisation étrusque, et le monde gréco-romain continua à les utiliser abondamment, subordonnant même chacun de leurs choix militaires, culturels, et politiques aux prédictions recueillies. Un mythe fondateur postule ainsi que la fondation de Rome dut attendre un augure favorable, qui se manifesta sous la forme du vol de 12 vautours et grâce auquel Romulus compris que les dieux approuvaient le lieu où la ville fut implantée.

L’Egypte des pharaons, l'au-delà et la vérité cachée

L’Egypte pharaonique avait également recours à la divination, sous ses deux formes principales : d’une part, la transe grâce à laquelle une divinité s’exprime à travers le corps d’un simple mortel, et d’autre part, à une grande variété de procédés supposés permettre de servir aux manifestations des dieux et dont l’interprétation était codifiée. On interrogeait ainsi souvent l'au-delà ou les dieux à l'aide d'un simple bol d’eau ou bien la flamme d’une lampe à huile.

Les rituels pouvaient consister en l’invocation d’un esprit défunt ou d'un dieu auquel on pose diverses questions, et, les préoccupations de l’époque ne différant pas des nôtres aujourd’hui, les interrogations concernaient essentiellement la santé, l’ambition professionnelle, l’identité des auteurs d’un crime. Apprendre comment soigner une maladie inexpliquée, découvrir l'identité d'un coupable ou savoir si tel particulier ou notable peut progresser dans la hiérarchie ou exercer une fonction politique sont des questions essentielles et nécessaires au fonctionnement de la vie individuelle et sociale. La prédiction d'événements futurs et la révélation d'éléments cachés sont les deux aspects principaux.

S'il peut sembler a priori prosaïque ou futile que les membres d'une société convoquent un esprit ou dérangent un dieu pour s'enquérir de réponses qui ne les concernent pas, c'est méconnaître l'intrication du monde des vivants et celui des morts au sein de l'Egypte des pharaons. Depuis ces mythes fondateurs et sa cosmogonie, cette civilisation s'est construite autour de ces deux facettes et les affaires des mortels sont aussi celles des dieux.

La Chine et le YI Jing

La Chine du premier millénaire avant l’ère chrétienne utilisait un traité de divination appelé Yi Jing, ou Livre des mutations, lequel se fondait en partie sur une technique divinatoire antérieure (dont les traces avérées les plus anciennes remontaient au 12ème siècle avant J.-C., l’achilléomancie, laquelle consistait en la lecture de l’avenir obtenue grâce à l’interprétation de la disposition des tiges d’une plante courante, l’achillée millefeuille.

Cet ouvrage fondateur fut, au cours des siècles, enrichi et augmenté, modifié, et abondamment mis en œuvre. La valeur de ces prédictions était telle que les décisions de l’empire étaient suspendues aux sentences et aux arrêts des interprètes du Yi Jing. Là encore, l’utilisation par un organe politique d’une technique divinatoire semble fondamentale.

L’astrologie divinatoire mésoaméricaine

La civilisation mésoaméricaine, c’est-à-dire, l’ensemble des ethnies et tribus qui se sont développées entre le nord de l’actuel Mexique jusqu’au Costa Rica et au Nicaragua, pendant toute l’aire précolombienne, et dont on connaît surtout les Aztèques et les Mayas, avait elle aussi largement recours à la divination, sous une forme essentiellement astrologique.

Chez les mayas, dont les pratiques nous sont connues grâce aux vestiges archéologiques, à ce que la tradition orale a pu préserver et aux documents laissés par les conquistadors, la caste des prêtres était capables d’interpréter les signes issus des astres et était à ce titre investie d’un pouvoir fondamental : celui de prendre les décisions relatives à l’activité agricole, militaire, ou politique. L’édification des logements, les naissances avaient également abondamment recours à la consultation d’un horoscope détaillé et précis. Savoir si un événement s’annonçait sous un jour faste ou néfaste était primordial pour eux : en cas de signe défavorable, il fallait expier et s’attirer les bonnes grâces du dieu.

L’interprétation des rêves, ainsi que leur valeur oraculaire, était également une source de prophétie pour les prêtres mayas.

En définitive, cette exploration des diverses pratiques culturelles autour de la divination montre que celle-ci revêtait un aspect religieux et politique, et concernait aussi bien la précognition pure (qui est l'aspect prépondérant aujourd'hui) que la recherche de la validation des décisions humaines par les dieux.